L’Union européenne a engagé une transformation profonde de son économie afin d’atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Depuis l’Accord de Paris en 2015, l’UE déploie des efforts considérables pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et orienter ses flux financiers vers des investissements durables.
L’année 2015 a marqué un engagement mondial pour limiter le réchauffement climatique. En 2019, l’UE a lancé le Pacte Vert pour intégrer la durabilité à l’économie, suivi d’un Plan de Finance Durable pour orienter les capitaux vers des projets écologiques. En 2021, le paquet “Fit for 55” a été introduit pour réduire de 55 % les émissions de GES d’ici 2030.
L’Union européenne a établi un Plan européen de finance durable, basé sur trois objectifs :
- Réorienter les capitaux vers des investissements durables
- Intégrer la durabilité dans la gestion des risques
- Promouvoir la transparence et une vision à long terme
Pour les mettre en œuvre, dix actions clés ont été identifiées. L’une de celles-ci vise la réorientation des capitaux vers des investissements durables grâce à la création d’une taxonomie des activités dites « vertes ».
Qu'est-ce qu'implique la taxonomie ?
Ce système de classification aide les investisseurs à identifier les projets alignés avec les objectifs environnementaux de l’UE. Il définit des critères stricts pour évaluer la compatibilité des activités économiques avec les six grands objectifs environnementaux européens. Les activités du secteur de la construction sont ainsi soumises à une évaluation rigoureuse selon ces critères.
Dans le secteur de la construction, cette classification impose des pratiques plus durables pour être éligible aux financements verts. Les nouvelles constructions, rénovations et choix de matériaux doivent respecter des normes d'efficacité énergétique, réduire l’empreinte carbone sur leur cycle de vie et intégrer les principes de l’économie circulaire.
La taxonomie offre une feuille de route pour un secteur de la construction plus respectueux de l'environnement. Ces nouvelles exigences représentent à la fois des défis et des opportunités pour les entreprises, qui doivent non seulement s'y conformer, mais aussi anticiper ces changements pour rester compétitives.
Au-delà de l'obligation réglementaire, la taxonomie offre plusieurs avantages : elle aide les entreprises à se positionner sur le marché, à anticiper les futures réglementations et à intégrer les critères ESG dans leurs pratiques. Même les entreprises non directement concernées par la taxonomie, mais impliquées dans les chaînes de valeur des grandes entreprises, devront indirectement démontrer leur conformité à ces nouvelles exigences.

