L’évolution de la situation du BIM au Luxembourg.
Interview de Maxime Chapelon - Deputy Principal Engineer Buildings chez SECO Luxembourg
La crise sanitaire, que l’on connaît actuellement, a boosté la transformation digitale des entreprises et des salariés, les obligeants à changer leurs habitudes de travail. Et pourtant ! Force est de constater que, malgré ce contexte favorable, l'évolution de l'implémentation du BIM au Luxembourg est beaucoup plus lente que prévue ou du moins qu'espérée. Quelles en sont les raisons ? Que faire pour changer cet état de fait ?
À la suite de diverses conversations avec les parties prenantes gravitant autour de nos projets, nous percevons des réticences à l’implémentation du BIM dans le secteur de la construction. Nous nous sommes donc plongés dans une réflexion interne sur les raisons et les craintes afin de mieux comprendre nos clients et de proposer des possibles pistes d’améliorations.
Une mauvaise perception de la finalité ?
Lorsque l’on essaie d’identifier les causes probables de la non-diffusion du BIM, la première qui nous vient à l’esprit est certainement une mauvaise perception de sa finalité. En effet, pourquoi devrais-je réaliser mon projet en mettant un processus BIM en place ? L’impact est-il vraiment plus important que l’effort à fournir ?
Pour beaucoup d’acteurs du monde de la construction, la mise en place d'un processus BIM sur un projet n'a que pour objectif de créer un modèle numérique comprenant les données géométriques, techniques, documentaires de ce projet.
L'obtention en fin de projet d'un "jumeau numérique" est certainement le point le plus difficile à appréhender. Les maîtres d'ouvrage n'auront, en effet, pas la charge de la surveillance ou l'exploitation du futur bâtiment.
Cette simple idée reçue fait abstraction des réelles possibilités que nous offre le BIM. En réalité, ce dernier propose des avantages qui vont bien au-delà de cette perception biaisée.

